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Serge Dupire

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  • Biographie par Donald Jr. Bilodeau 0 0 [Modifier]

    L'acteur Serge Dupire est né le 23 mai 1958 à Beloeil, dans la région de la Montérégie, au Québec. Il étudie très tôt à l'École Nationale de Théâtre, et obtient à l'âge de 20 ans, en 1978, son diplôme de finissant. Dès lors, il tourne un premier film, un petit rôle dans la production « Éclair au chocolat » (1978) du cinéaste Jean-Claude Lord, et s'intéresse aussi au théâtre, notamment aux pièces de René-Daniel Dubois (« Panique à Longueuil »), ainsi qu'au théâtre classique (« Icare », « Les pommiers en fleurs »…). Très bel homme, élégant, le regard perçant, à la fois clair et troublant, altier sans jamais être arrogant, Serge Dupire se taille rapidement une place de choix dans le cinéma et la télévision au Québec, en plus de faire une petite percée du côté des États-Unis, et une plus importante encore de l'autre côté de l'Atlantique, en France.

    Avec l'arrivée des années quatre-vingts, la carrière de Serge Dupire prend définitivement son envol, et il tourne sous la direction du grand Gilles Carle le rôle de Guillaume Plouffe dans le film et la mini-série « Les Plouffe » de l'écrivain Roger Lemelin, en 1981. La production, qui met aussi en vedette Juliette Huot et Émile Genest dans le rôle des parents, ainsi que Pierre Curzi, Gabriel Arcand et Denise Filiatrault qui incarnent quant à eux les frères et la soeur de Guillaume, obtient un très bon succès auprès des critiques tout comme du public, et la chanson thème du film, « Il était une fois des gens heureux » interprétée avec brio par Nicole Martin, est devenue l'un des classiques de la chanson québécoise. Fier de ce premier grand succès, Dupire reprend à nouveau son rôle de Guillaume Plouffe trois ans plus tard, en 1984, dans la suite du film de Carle, « Le crime d'Ovide Plouffe », film réalisé cette fois par le grand Denys Arcand. Entre temps, Serge débute à la télévision, et il devient Benoît Leroux, l'époux d'Anne Demers (Christiane Pasquier) dans la première saison du téléroman « La bonne aventure » (1982-1983) de Lise Payette. Peu à l'aise dans une série hebdomadaire où il doit jouer sans cesse le même rôle, Serge veut aller plus loin, et quitte la série au bout d'un an. Pendant cette période, il est aussi de la distribution, pour un petit rôle, de la série jeunesse « Traboulidon », en 1983.

    Serge Dupire se voit offrir un beau rôle au cinéma par la cinéaste Léa Pool, en 1984. Il interprète le personnage de Simon, le frère homosexuel d'Andréa (Paule Baillargeon), dans « La femme de l'hôtel ». Louise Marleau et Kim Yaroshevskaya sont aussi au générique de la production. Déjà confortablement établi au Québec, Dupire tente sa chance aux États-Unis où il est engagé en 1985 pour tenir le rôle du play-boy français Michaud Christophe dans le célèbre soap américain « Another World ». L'aventure ne durera pas longtemps, mais elle premettra à l'acteur de se faire connaître dans le monde anglo-saxon. De retour chez lui, il tourne sous la direction de Jean Beaudin l'excellent film « Le matou » (1985) où il décroche le premier rôle, celui de Florent Boissonneault, un jeune homme ambitieux qui veut réussir à tout prix comme petit entrepreneur. « Le matou », d'après le roman d'Yves Beauchemin, connaît un vif succès, et les performances de Serge Dupire, puis de Monique Spaziani (dans le rôle d'Élise, la compagne de Florent), de Julien Guiomar (dans le rôle de Monsieur Picquot), de Jean Carmet (dans le rôle du vilain Monsieur Ratablavasky) et de Guillaume Lemay-Thivierge (dans le rôle du petit Monsieur Émile) sont inoubliables et passées à l'histoire. Cette fois, il n'y a plus de doute, la carrière de Serge Dupire est au beau fixe et son talent est reconnu tant dans le métier qu'auprès du public.

    Par la suite, Serge Dupire se retrouve dans « L'île », une coproduction franco-canadienne tournée en 1986 par François Leterrier qui raconte l'histoire d'un lieutenant qui doit se réfugier avec un groupe de mutins sur une île où le rêve d'Eldorado des personnages tourne à la tuerie. Avec ce film, l'acteur débute une carrière française intéressante, et s'installe à Paris, tout en gardant un pied-à-terre et des contacts au Québec. Il tourne ensuite en 1987 une autre coproduction franco-canadienne, soit la mini-série « Formule 1 », une co-réalisation de Paul Planchon, Nardo Castillo, Gabon Varkon et Antonio Pedro Vasconcelo où, dans la peau de Daniel Hardy, il fait face aux acteurs québécois Raymond Legault et Steve Banner, et aux français Daniel et Manuel Gélin. En 1989, il personnifie Jacques-Nicolas Billaud-Varenne dans « La Révolution française » de Robert Encino et Richard Heffron, une fresque historique à gros budget qui met en vedette une distribution de rêve (Klaus Maria Brandauer dans le rôle de Danton, Jane Seymour dans le rôle de Marie-Antoinette, Peter Ustinov dans le rôle du Vicomte de Mirabeau, Claudia Cardinale dans celui de la Duchesse de Polignac, Michel Galabru dans celui de l'Abbé Maury, Sam Neill dans celui du Marquis De La Fayette, etc…). Puis il tourne en France sous la direction de David Delrieux (« Adieu mes jolis », 1989), de Claude Vital (« Quiproquos ! », 1991), de Roger Planchon (« Soleil levant », 1991, et « Louis, enfant roi », 1992), de Jean-Claude Biette (« Chasse gardée », 1993), de Gérard Krawczyk (« Le prix d'une femme », 1993) et de Françoise Normand (« Vice vertu et vice versa », 1996). Il fait aussi du théâtre à Paris et ailleurs en France, et parmi les pièces à son actif, notons « La surprise de l'amour » et « Les enfants de choeur » au Théâtre de la Gaîté Montparnasse et « Nathan le sage » au Festival d'Avignon, en 1997. Il est même de la distribution du film franco-italien « Signes de vie » (en 2000), du réalisateur Vincent Martorana, film qui raconte l'histoire d'un homme gay qui travaille pour l'Association Sida Info-Service et qui doit annoncer à ses amis machos qu'il est lui-même atteint de la maladie. Dupire y campe le rôle de Jacques, alors que le personnage principal, Tomas, est interprété par Pierre-Loup Rajot.

    Parallèlement à sa carrière européenne, Serge Dupire reste actif au Québec. En 1989, il tourne aux côtés d'Anne Bédard dans « À la vie ! À l'amour ! » de Bruno Carrière et Louise Giguère. On le retrouve par la suite dans « Walkman » (1990) d'Alaster Patton, « Lapse of Memory » (« Mémoire traquée », 1991) de Patrick Dewolf, « L'automne sauvage » (1992) de Gabriel Pelletier, où il a comme partenaires les acteurs Raymond Bouchard, Anne Létourneau et Marie-Josée Gauthier, « Trois femmes, un amour » (1993) de Robert Favreau avec Andrée Lachapelle, Yves Jacques et Alexis Martin, et « Meurtre en musique » (1994), à nouveau de Gabriel Pelletier, où cette fois Serge affronte les acteurs-chanteurs Joe Bocan et Claude Léveillée ainsi que Marcel Sabourin et Yves Jacques.

    La carrière de Serge Dupire se poursuit de façon pêle-mêle entre la France et le Québec, entre le cinéma et le théâtre, entre les mini-séries et les téléfilms. En 1993-1994, il est de la distribution de « Jalna », une superbe mini-série de Philippe Monnier, coproduction franco-québécoise qui rassemble Serge avec Pierre Chagnon, Pierre Curzi, Mireille Deyglun, Louise Portal, Louise Marleau, Macha Limonchik, Yves Jacques et Daniel Gadouas, en plus de la grande actrice française Danielle Darrieux et de Jacques Bonnaffé. Il poursuit avec une participation à l'un des épisodes de la série « Les grands procès II » (1994), soit « L'Affaire Mesrine » de Mark Blandford. Il tourne en France le téléfilm « Ange Espérandieu » (1995) sous la direction d'Alain Schwartzstein, la mini-série « Les Alsaciens – ou les deux Mathilde » (1996) de Michel Favart et le téléfilm « Et si on faisait un bébé ? » (1997) de Christiane Spiero avec Macha Méril, Patrick Chesnais et la fameuse Tsilla Chelton, vedette du film à succès « Tatie Danielle », en 1990. La même année, il tourne au Québec l'excellent film « La Conciergerie » (1997) du réalisateur Michel Poulette, une production qui obtient un très bon succès populaire, et pour cause, car l'histoire est brillante et particulièrement bien fignolée. Le film raconte l'histoire de Jacques Laniel (Serge Dupire), un policier qui se fait détective privé pour élucider le meurtre de son collègue et ami Thomas Colin (Jacques Godin). Seulement voilà, de nombreux obstacles viendront contrecarrer les plans du héros, et l'amèneront à découvrir un monde dont il ne soupçonnait même pas l'existence, celui de la Conciergerie, un immeuble où l'on compte le plus haut taux de meurtriers au mètre carré… Parmi les autres acteurs de cet excellent thriller, notons Michel Forget, Raymond Cloutier, Dorothée Berryman, David La Haye, Isabel Richer, Monique Spaziani, Tania Kontoyanni, JiCi Lauzon, Carl Béchard, Paul Buissonneau, Caroline Néron, Guy Provost, Claude Léveillée et Macha Grenon dans le rôle de Claire Ricard, l'épouse de Jacques Laniel.

    Après ce succès, Serge Dupire continue son travail d'acteur en France dans le téléfilm « Jusqu'à ce que la mort nous sépare » (1998) de Lionel Epp, et au Québec dans la magnifique mini-série « Juliette Pomerleau » (1999) de Claude Fournier, d'après le roman d'Yves Beauchemin. Dans « Juliette Pomerleau », où le rôle de Juliette est tenu par Brigitte Boucher (incidemment une compatriote de Serge qui vit elle aussi en France…), l'acteur y tient le rôle de Roger Simoneau, le père biologique présumé du petit Denis « Bobichon » (William Honce), fils qu'il a (ou aurait) eu avec Adèle Joanette (Macha Grenon). L'histoire de cette mini-série est simple, amusante, touchante, et surtout très bien actée par les interprètes qui rendent tous leurs personnages attachants. Parmi ceux-ci, notons l'inénarrable performance de l'actrice Lorraine Pintal dans le rôle de la détestable Elvina, le très sympathique Normand Lévesque dans le rôle d'Alexandre Portelance, Benoît Brière dans le rôle de Clément Fisette, Zachary Richard dans celui du compositeur Bohuslav Martinek, Linda Roy dans celui de sa compagne Rachel, Aurélien Recoing dans le rôle de l'inquiétant Fernand Livernoche et Néfertari Bélizaire devenue ici la garde Doyon. Un grand succès du réseau TVA, dont la musique est composée par le célèbre pianiste André Gagnon, et la chanson thème interprétée avec justesse par la grande Diane Dufresne.

    Serge Dupire travaille de nouveau sous la direction de Paul Planchon en 2000 dans le téléfilm français « Sandra et les siens », puis revient encore une fois au Québec pour se joindre cette fois au générique de la série « Tribu.com » (2001-2004) de François Bouvier et Phil Comeau. Serge y incarne le personnage du directeur Fabrice Gray, dans ce téléroman qui raconte les mésaventures des employés d'une agence de publicité et qui est, en quelque sorte, une suite à la série « Diva », où la comédienne Caroline Néron y reprend son rôle de Stella Trudel. Autour des deux vedettes principales de la série gravitent les personnages de Myriam Sirois (Anne Létourneau), Brigitte David (Anick Lemay), Josée Larose (Maxim Roy), Normand Tremblay (Louis-Philippe Dandenault) et Xavier Trudeau (Tristan Dubois), le tout dans une histoire constituée essentiellement de déboires sentimentaux et d'intrigues bien ficelées. En outre, Serge Dupire tourne dans le film « Le ciel sur la tête » (2001) des cinéastes André Melançon et Geneviève Lefebvre, où il joue le rôle de Marc, un père désabusé suite au départ inattendu de sa femme et qui tente de se refaire une vie auprès de Céline (Céline Bonnier), sa nouvelle compagne. À leurs côtés dans ce film se retrouvent également les acteurs David Boutin, Maka Kotto et Marc Messier. On retrouve aussi Serge Dupire dans le court-métrage « Hit and Run » (2002) de Richard Jutras (court-métrage qui se voit récompensé par un prix Jutra au Québec ainsi que par un prix au Festival International des films de Namur en Belgique, en 2003), puis dans « Napoléon » (2003) d'Yves Simoneau, cette imposante et ambitieuse mini-série européenne de huit heures qui réunit les acteurs québécois Serge Dupire, David La Haye, Yves Jacques, Marie Tifo et Albert Millaire à des noms aussi prestigieux que Gérard Depardieu et son fils Guillaume, John Malkovich, Isabella Rossellini, Anouk Aimée, Ludivine Sagnier et Christian Clavier dans le rôle de Napoléon. La mini-série a exigé plusieurs heures de tournage et demandé des fonds de plusieurs pays (France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni, Canada et États-Unis).

    Avec une feuille de route aussi longue, aussi bien remplie, et couronnée par tant de succès, il est clair que Serge Dupire a su relever avec virtuosité le difficile pari de mener une carrière sur deux continents, partageant constamment son temps entre le Québec et la France. Cet homme, très discret sur sa vie privée, mais qui a de toute évidence l'esprit bien ouvert, a une vision humaniste et lucide de nos sociétés. En tant qu'acteur, l'artisan qu'il est prend autant de plaisir à travailler au théâtre que devant une caméra. Dupire a souvent incarné des héros, ou des hommes ayant une certaine éthique de vie, des modèles. Son personnage de détective Jacques Laniel dans « La Conciergerie » en est un parfait exemple, jusque dans ses actes et ses décisions. Serge Dupire a encore une longue route devant lui, et il sera certainement intéressant de le suivre dans ses choix de rôles futurs, tant ici au Québec, que de l'autre côté, chez nos cousins français, où il vit avec sa famille depuis 1987. C'est donc à suivre…

Curriculum Vitae

Interprétation [Modifier]

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  • Naissance : 1958-05-23

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