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Acteur français. Au long d'une carrière commencée en 1930, il avait tourné sous la direction de cinéastes aussi divers que Max Ophuls, Alfred Hitchcock, Jean Delannoy, Jean Cocteau, Abel Gance ou Raoul Ruiz. Figure majeure de Saint-Germain-des-Prés dans les années d'après-guerre, il était devenu dans ses dernières années jardinier et poète. Après avoir étudié au cours Simon puis dans la classe de Louis Jouvet au conservatoire, Daniel Gélin fait ses débuts au cinéma dans Miquette et sa mère, de Jean Boyer, en 1939, il a alors 18 ans. Au fil des années il sait préserver cette impression d'extrême jeunesse. On le voit dans L'Assassin habite au 21, d'Henri-Georges Clouzot, mais c'est Rendez-vous de juillet, de Jacques Becker, qui fait de lui le jeune premier de l'après-guerre. Il y a pour partenaire Danièle Delorme, qu'il épouse et avec qui il partage l'affiche à plusieurs reprises. Le comédien se fait réalisateur (une expérience qui restera unique) pour Les Dents longues, un film sur le journalisme qui réunit le couple. Il retrouve Becker pour Edouard et Caroline, et tourne un des tableaux de La Ronde d'Ophuls aux côtés de Danièle Darrieux ; alors qu'ils n'ont que quatre ans de différence, il incarne toujours, en 1950, le très jeune homme confronté à une femme expérimentée. Dans ces années, il tient son rang dans le milieu germanopratin, une époque qu'il a évoquée dans son album Comme on s'aimait à Saint-Germain-des-Prés, égrenant ses souvenirs de Gréco, Vian ou Sartre. Il joue d'ailleurs le rôle de Barine dans l'adaptation des Mains sales pour le cinéma. Son statut de jeune premier l'amène à jouer dans des films aussi variés que les grandes fresques historiques de Guitry (Si Versailles m'était conté, Napoléon, dans lequel il incarne Bonaparte) de nombreuses productions italiennes, des polars à la française, sous la direction de Gilles Grangier ou Denys de La Patellière. En 1956, il joue dans la seconde version de L'Homme qui en savait trop, que réalise Alfred Hitchcock. Il participe à plusieurs superproductions internationales des années 1960, Le Jour le plus long, de Ken Annakin, produit par Daryl Zanuck ou Paris brûle-t-il ? de René Clément. Alors qu'il a participé au Testament d'Orphée, de Cocteau, l'un des parrains de la nouvelle vague, il reste à l'écart de l'émergence de ce mouvement, se contentant d'une collaboration avec Claude Chabrol pour La Ligne de démarcation. En 1965, il incarne le mari de Micheline Presles dans la série télévisée Les Saintes Chéries, récemment rééditée en DVD, parfait écho de la prospérité des « trente glorieuses ». Ce rôle lui redonne, tout comme à sa partenaire, une popularité qui rappelle celle de l'immédiat après-guerre. La suite de sa carrière suit un cours vagabond, partagée entre films commerciaux comme Les Marmottes d'Elie Chouraqui et des collaborations amicales, apparition dans La Cité de la peur, avec l'équipe des Nuls de Canal+ ou dans Coup de jeune de son fils Xavier Gélin, récemment disparu. Il était également le père du comédien et réalisateur Manuel Gélin ainsi que des actrices Maria Schneider et Fiona Gélin. Daniel Gélin avait également publié plusieurs recueils de poésie, des souvenirs (A bâtons rompus) et un manuel de jardinage. Il est décédé à Paris, en France le 29 novembre 2002 à l'âge de 81 ans.
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